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đŸ§” Le Drap bleu / Chapter 17 / 20

Chapitre 17 - Trois semaines avant le mariage

Chapter 17 - Chapitre 17 - Trois semaines avant le mariage

Le contrat datait de trois semaines avant le mariage.

Jake ne se souvenait pas de l’avoir signĂ©.

Cette phrase, autrefois, aurait suffi Ă  Megan pour dĂ©tourner les yeux. DĂ©sormais, elle ne dĂ©tournait plus rien. Elle demanda la copie, l’heure, le lieu, le notaire prĂ©sent, les tĂ©moins. Camille obtint le document le soir mĂȘme.

Ils le lurent dans une salle de rĂ©union de l’hĂŽpital, autour d’une table trop grande.

Un avenant matrimonial. Des clauses financiĂšres. Une dĂ©lĂ©gation de gestion en cas “d’incapacitĂ© temporaire” de Megan pendant une grossesse. Et surtout, une formule Ă©trange : toute contestation liĂ©e Ă  l’enfant Ă  naĂźtre devait ĂȘtre arbitrĂ©e par le conseil familial Vasseur.

Megan eut froid.

— Je n’ai jamais vu ce document.

— Ta signature apparaüt, dit Camille.

Aline se pencha.

— Ce n’est pas la sienne.

Jake regarda la page.

— Et la mienne ?

Camille hésita.

— La vître semble authentique.

Le silence qui suivit ne ressemblait pas aux autres. Celui-ci avait du métal.

Jake passa une main sur son visage.

— Avant le mariage, ma mĂšre m’a fait signer une sĂ©rie de papiers pour “simplifier l’installation aux États-Unis”. Elle disait que c’était administratif.

Megan le fixa.

— Tu as signĂ© un contrat qui permettait Ă  ta famille de dĂ©cider de notre enfant sans me le dire.

— Je ne savais pas.

— Tu ne savais pas parce que tu n’as pas voulu lire.

La phrase n’était pas criĂ©e. Elle Ă©tait pire : exacte.

Jake accepta.

— Oui.

Ce oui ouvrit quelque chose. Pas le pardon, encore moins l’oubli. Mais une brĂšche dans la mĂ©canique ancienne oĂč il se dĂ©fendait avant de comprendre.

Camille fit expertiser la signature de Megan. Le résultat arriva le lendemain : imitation probable, réalisée à partir de documents personnels. Les soupçons se tournÚrent vers HélÚne et Marceau, le notaire.

Mais un détail troubla Aline.

— Pour imiter la signature de Megan aussi bien, il fallait des modĂšles nombreux. Pas seulement une carte d’identitĂ©.

Megan pensa Ă  ses carnets. Ses listes de courses. Les lettres Ă  sa mĂšre qu’elle n’envoyait plus. Les cartes de NoĂ«l. Toutes ces Ă©critures laissĂ©es dans l’appartement comme des miettes.

Jake pensa à sa mùre rangeant “gentiment” le bureau de Megan.

Le soir, il retourna Ă  l’appartement avec la sĂ©curitĂ© pour rĂ©cupĂ©rer les derniers effets personnels. La chambre du bĂ©bĂ© semblait figĂ©e. Le mobile tournait lĂ©gĂšrement Ă  cause du chauffage. Sur la commode, le gilet jaune pĂąle avait Ă©tĂ© posĂ© bien Ă  plat.

Jake le prit.

Dans la manche, lĂ  oĂč Megan avait lĂąchĂ© une maille, quelque chose avait Ă©tĂ© cousu.

Une clé USB minuscule.

Il l’apporta à l’hîpital sans l’ouvrir.

Megan la reconnut immédiatement.

— Ma mùre cousait toujours les choses importantes dans les ourlets.

— C’est toi qui l’as mise là ? demanda Aline.

— Non.

Camille inséra la clé sur un ordinateur isolé.

Un seul fichier vidéo.

Daté de six mois plus tÎt.

Megan apparut Ă  l’écran, assise dans la cuisine, plus ronde de visage, souriante encore. HĂ©lĂšne se tenait face Ă  elle, hors champ au dĂ©but, puis entra dans l’image. Sa voix Ă©tait claire.

“Tu crois que mon fils t’a Ă©pousĂ©e par amour ? Il a signĂ© ce qu’il fallait. Quand l’enfant naĂźtra, nous dĂ©ciderons de ce qui est bon pour lui.”

Megan Ă  l’écran se leva, pĂąle.

“Je ne vous laisserai pas faire.”

HélÚne sourit.

“Ta mùre non plus n’a pas voulu laisser faire.”

La vidĂ©o s’arrĂȘta lĂ .

Megan porta une main Ă  sa bouche.

— Je ne me souvenais pas de cette scùne.

Le docteur Lagrange demanda doucement :

— C’était aprĂšs une tisane ?

Megan hocha la tĂȘte.

Jake ferma les yeux.

La clĂ© USB n’avait pas Ă©tĂ© cachĂ©e par Megan.

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Quelqu’un d’autre l’avait cousue dans le gilet.

Et ce quelqu’un avait protĂ©gĂ© la preuve depuis l’intĂ©rieur de la maison.

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