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Chapitre 13 - Daniel en fuite

Chapitre 13 - Daniel en fuite

La nouvelle se répandit dans Claire comme un poison froid. Daniel en fuite. Ces trois mots ramenaient dans son corps des réflexes qu’elle croyait avoir dépassés : vérifier la serrure, écouter les bruits du couloir, calculer la distance jusqu’à la sortie. Elle détesta cela plus encore que la peur elle-même. Il pouvait quitter une cellule et revenir habiter ses nerfs.

Le capitaine la fit placer dans un lieu sûr avec Sophie, Manon et Mireille. Un appartement prêté par une association d’aide aux victimes, au quatrième étage sans ascenseur, avec des meubles dépareillés et une vue sur des toits. Claire y respira mieux que dans tous les salons dorés des Beaumont.

Vanessa, elle, avait disparu.

Gloria jurait ne pas savoir où elle était. Pour la première fois, Claire la crut. La peur de Gloria n’avait rien de théâtral. Elle tournait dans la salle du commissariat comme une mère ordinaire, vieille, coupable, privée de ses masques.

À vingt-trois heures, le téléphone sécurisé du capitaine reçut une vidéo. Vanessa apparaissait assise sur une chaise, dans un lieu sombre. Pas attachée visiblement, mais figée par une terreur que Claire reconnut trop bien. Hors champ, la voix de Daniel murmurait :

— Dis-lui de me rendre ce qui m’appartient.

Vanessa regarda la caméra.

— Claire… il veut la clé du coffre et les carnets. Il dit que sinon il ira voir Manon.

La vidéo s’arrêta.

Sophie jura. Mireille s’assit lentement. Claire, elle, sentit quelque chose d’inattendu : non pas la panique, mais une colère pure, verticale, presque lumineuse. Daniel continuait à croire que chaque femme pouvait être utilisée comme un bouton sur lequel appuyer. Claire, Vanessa, Manon, Gloria, Élise, Anne. Il n’avait pas compris que les boutons, à force d’être écrasés, pouvaient déclencher un incendie.

— On ne lui donnera rien, dit-elle.

— On ne négocie pas seuls, répondit le capitaine.

— Je n’ai pas dit seuls.

Elle demanda à appeler Gloria. Puis Paul Dervaux. Puis Odette Morel. Chacun détenait un morceau du piège. Gloria connaissait les habitudes de Daniel. Paul connaissait les comptes dormants. Odette connaissait la manière dont Élise avait fui. Mireille connaissait la maison familiale mieux que ses propriétaires.

À deux heures du matin, le plan prit forme. Daniel voulait les carnets et la clé. On lui ferait croire qu’il pouvait les obtenir. Le rendez-vous serait fixé dans la maison des Beaumont, là où tout avait commencé, sous surveillance policière. Gloria accepterait de l’appeler, de jouer la mère repentante prête à protéger son fils.

— Il ne me croira pas, dit Gloria.

Claire la regarda.

— Bien sûr que si. Les hommes comme Daniel croient toujours que leur mère finira par les choisir.

La phrase frappa Gloria en plein visage. Elle ne répondit pas.

À l’aube, un message arriva du téléphone de Vanessa : “Midi. La maison. Seule.”

Claire sourit sans joie.

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— Il a toujours eu un problème avec les consignes.

Ce que Daniel ignorait, c’est qu’à midi, dans la maison des Beaumont, l’attendrait non pas une femme seule, mais toutes celles qu’il avait sous-estimées.

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